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Sous L'écorse des pierres

 

  Catéchèse Poétique d’un Franc-maçon

 


Poésies et textes de :

 

Louis Aragon, Antonio Machado, Léon Felipe, Gérard de Nerval,

Charles Baudelaire, Gérard Tabary , Goethe,

Paul Louka, Rudyard Kipling, Pessoa, Bernard de Clairvaux 

 

Montage et Intertextes G Tabary 

 

 

On aurait dit qu’il cherchait à faire entrer de force la lumière dans un lieu obscur. Quand il était interrogé, il répondait qu’il essayait de percevoir ce qu’il y avait à l’intérieur de choses.

 

En profane à la porte du temple il frappa.


1 Louis Aragon                            J'arrive où je suis étranger.

 

Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger

Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le cœur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps
C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un Homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
O mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
A l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger

 

Intertexte G Tabary

 Entre Etranger dans ce lieu commun du peuple !

 Que viens-tu  chercher ici toi  qui arrive de si loin ?
uis le
Prétendant qui veut remuer la pierre de ma chair et devenir un humble bâtisseur du temple humain. !

 

Tout mérite d’être exploré avec soin vénérable lumière de ce lieu, mais rien ne saurait être plus révélateur que les poèmes des hommes éclairés sous le soleil de l’orient, ses poètes dont l’imagination éclaire l’initiation Je suis venu soulever l’écorce de chacune de leur pierre, et prétendre obtenir le droit d’ouvrir la fenêtre occidentale du sanctuaire de la pensée.

 

Très bien l’étranger mais sache que :

 

2 ANTONIO MACHADO

Tout passe

Et tout demeure

Mais notre affaire est de passer

De passer en traçant

Des chemins

Des chemins sur la mer

Voyageur,  le chemin

C'est les traces  de tes pas

C'est tout ; voyageur,

Il n'y a pas de chemin,

Le chemin se fait en marchant

Le chemin se fait en marchant

Et quand tu regardes en arrière

Tu vois le sentier

Que jamais  Tu ne dois à nouveau fouler

Voyageur! Il n'y a pas de chemins

Rien que des sillages sur la mer…

 

ET QU’

3 LEON FELIPE

 

Ainsi va la vie 

Tout comme toi, petite pierre,

Comme toi, pierre légère,  comme toi,

Un chant qui vole sous les roues par les chemins et les ruelles.

Tout comme toi, caillou infime,

Comme toi, caillou des routes,  comme toi,

Qui, les jours de tourmente, t'enfonces sous terre

Et qui, ensuite, scintille sous les sabots et sous les roues.

Tout comme toi, petite pierre,  comme toi,

Qui ne sera jamais la pierre d'un Hôtel de Ville,

Ni la pierre d'un Tribunal,

Ni la pierre d'un Palais,

Ni la pierre d'une Eglise.

Tout comme toi, pierre libre, comme toi,

Qui va de ci de là,

Comme toi petite pierre

Qui, peut-être, n'est faite que pour une fronde.

 

Intertexte G Tabary

Alors Avance petite pierre Etrangère fait un pas en avant que dans ce temple continue ton voyage. Approches toi du portail de l’orient pour recevoir ton tablier de soie blanche du bâtisseur. Ecoute et retient les notes de ces chants ……….

 

4 GERARD DE NERVAL

 

Homme ! Libre penseur – te crois-tu seul pensant

Dans ce monde, où la vie éclate en toute chose:

Des forces que tu tiens ta liberté dispose,

Mais de tous tes conseils  l’univers est absent.

 

Respecte dans la bête un esprit agissant…

Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;

Un mystère d’amour dans le métal repose :

Tout est sensible ; - Et tout sur ton être est puissant !

 

Crains dans le mur aveugle un regard qui t’épie :

A la matière même un verbe est attaché…

Ne la fais pas servir à quelque usage impie.

 

Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ;

Et, comme un œil naissant couvert pas ses paupières,

Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres.

 

                                                   Qui t’offre ses vers

 

5  Charles Baudelaire

 

La nature est un temple où de vivants piliers
 

Laissent parfois sortir de confuses paroles;
 

L’homme y passe à travers des forêts de symboles
 

Qui l’observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent


Dans une ténébreuse et profonde unité,


Vaste comme la nuit et comme la clarté,


Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,


Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
-

Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l’expansion des choses infinies,

Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,


Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.

Intertexte G Tabary

Dans tes voyages tu reconnaîtras l’image de la vie humaine, avec ses aspirations et ses luttes. L’avenir te cacheras les épreuves qui t’attendent, mais tu iras  au devant d’elles avec hardiesse, sans hésitation ni terreur

6  Gérard Tabary :

Mes sœurs, mes frères

Regardez venir cet étranger

A la porte de notre temple il a frappé

Les pieds nus, les épaules dénudées

Les yeux voilés sous la voute éclairée

Prêts à emprunter d’autres sentiers

Postulants de la cité

Impétrants d’une autre humanité

Venus explorer l’obscur labyrinthe de la vérité

C’est vers nous que ses pas l’on amené.

Sait-il que le commencement est un silence


Et qu’avec lui, il devra  faire alliance

Pour descendre dans la vie de sa conscience ?

Sait-il ce qu’il devra affronter pour éviter le naufrage


De nos valeurs et de leur carnage ?

Sait-il préparés
à se heurter à la mêlée  d’êtres

Acharnés 
à bafouer l’humanité ?

Acharnés à détruire la laïcité ?

Acharnés à saccager l’égalité ?

Acharnés à mépriser la fraternité ?

Acharnés à conchier la solidarité !

Acharnés  à se gaver de biens matériels

De salaires, de compromissions et de fiel ?

Savent-ils, ces ouvriers de demain

Combien de temps il faudra

Pour que nous vivions enfin

Dans le secret des pierres éclairées par le soleil humain
 ?

Combien de temps nous devrons marcher sur le chemin des initiés

Avant de voir s’élever le grand temple de l’humanité ?

Répondez ! Que vos postures ne soient pas de la figuration          
en cette nuit de grande initiation !

Consentons- nous encore à n’être  ce que nous sommes ?

Prétendons- nous pouvoir remuer les pierres de chair,

Et la chair des pierres ?

Nous battons nous suffisamment ?

Voyageons-nous suffisamment ?

Partageons nous suffisamment ?

Nous impliquons-nous suffisamment ?

Qui oserait crier oui ! Qui oserait affirmer

Oui j’en fais assez, Oui je donne assez !

Aujourd’hui, la seule chose que nous pouvons dire avec certitude

Oui,  vient combattre avec nous l’étranger.

Entre !

Nous comptons sur ta vie

Pour nous aider à accomplir avec courage et conviction,

Cette recherche de la perfection


Intertexte G Tabary

Tu Porteras ce tablier la bavette relevée, regarde, écoute tes Frères, et travail dans le silence et le temps. Sache qu'ici tu es en terre Fraternelle, Qu’elle  est belle et aimable pleine de courage et de bonté.


Des Hommes des Femmes l'ont choyée comme un bien précieux. Tous ont participé à son passé prestigieux. Il faut que tu l'apprennes, que tu l'aimes, qu'elle devienne Ta terre nourricière.

 

En y travaillant elle t'ouvrira ses Printemps, et tu y façonneras ta pierre. Ici rien n'est éphémère. Ici tout s'est construit avec la chair et la pierre. Scellement du fraternel chemin, Incrusté dans le secret des. Pierres éclairées par le soleil Humain.


Alors quand tu marcheras dans les artères du temple, pense que tu marches sur un écrin; Où règne le sens de l'honneur, que des vignes de son terroir sort le vin du droit humain. Avec tes frères tu feras alliance et tu y découvriras l’amour et le partage.

 

7 Goethe

 

 

Dans toutes les heures propices,

Rehaussées d’amour et de vin,

Il faudra que nous entonnions

Ce chant d’une voix unanime !

Le dieu maintiendra notre accord,

Qui nous a conduits en ce lieu.

Que nos flammes se renouvellent !

C’est lui qui les a allumées.

 

Rayonnez de joie aujourd’hui ;

Soyez unis du fond du cœur !

Avec un plaisir ravivé

Buvez ce verre d’un vin pur !

Debout ! En une heure aussi douce,

Trinquez, et, d’un franc baisé, faites

Qu’à tout renouveau d’alliance

Les anciens soient tels des nouveaux.

 

Qui donc, vivant dans notre cercle,

Peut-y vivre sans être heureux ?

Partagez ces libres manières,

Ce fidèle esprit fraternel !

Alors le cœur, au long des temps,

Restera tourné vers le cœur,

Et nulle mesquine pensée

Ne troublera notre alliance.

Et rien n’adviendra qui ne doive

Renouveler notre bonheur.

Sans caprice qui les harcèlent,

Nos joies ne s’altèreront plus ;

Sans raideur guindé qui les gêne ;

Nos cœurs battront plus librement.


A chaque pas va s’élargir

Pour nous la rapide carrière ;

Et toujours plus sereins nos yeux

Lèveront au ciel leurs regards ;

Nous n’éprouverons nulle angoisse,

A voir que tout grandit et croule,

Et nous serons longtemps, longtemps,

          A jamais, ainsi réunis……

Intertexte G Tabary

Tu apprendras petite pierre qu’être  moderne c’est inventer de l’inconnu pour voir l’inconnu Comme les poètes  maçons tu feras ta propre histoire. Ton poème, introduira un temps, qui deviendra plus grand que le temps. Tu vivras  dans ta solitude en cherchant, le Sujet, qui façonnera l’Humaine pierre brute. Tu iras chercher ta nuit dans le puits du poème pour incendier ta lumière.

 

8 Paul Louka

 

Va, petit frère

la terre est grande

c’est un joli jardin

et donne-moi la main

 

Va, petit frère

la terre est grande

c’est un joli jardin

quand il est midi plein.

 

Tu fais un pas

et c’est la liberté,

tu fais deux pas

et c’est l’égalité,

tu fais trois pas

et le monde a changé.

 

Va, petit frère

ton cœur résonne

c’est un joli tambour

et le général est sourd.

 

Va, petit frère

ton cœur résonne

c’est un joli tambour

                                 quand on parle d’amour…

 

9  Goethe Symbole

 

Le chemin du maçon

Est semblable à la vie,

Et les efforts qu’il fait

Sont semblable aux actes

Des hommes sur la terre.

 

L’avenir tient couverts

Souffrances et bonheurs.

Pas à pas pour les yeux

Qui nous voient, mais sans crainte,

Nous allons de l’avant.

 

Et pesant et lointain

Prend un voile où s’attache

Notre respect. Muettes

Sont en haut les étoiles

Et les tombes en bas.

 

Considère-les mieux,

Et voici qu’apparaissent

Dans le cœur des héros

Des frissons fugitifs

Et des sentiments graves.

 

Pourtant de l’au-delà

Viennent les voix d’esprits,

Viennent les voix des maîtres :

 Sans manquer, exercez

Les puissances du bien.

Dans l’éternel silence

Des couronnes se tressent

Qui vont récompenser

Pleinement ceux qui œuvrent !

Nous vous disons ; espoir. »

 

Intertexte G Tabary

Espoir de te voir marcher à reculons dans les ténèbres de tes futurs voyages Espoir que tu soulèves les masses les plus lourdes pour que l’esprit du sectarisme ne réduise en poudre le ciment de notre fraternité universelle. Espoir que tu reconnaisses les hommes à la coquetterie accapareuse  qui dissocient les pierres de l’édifice en prétendant les retailler plus exactement. Que ta chair à travers le mur de flammes éteigne la luxure.

 

Espoir que tu perçoives dans la pénombre de ton temple le brillant et le feuilleté incrusté sur lesquelles il est gravé « tolérance » en figures en creux et en relief sur les murs du .

 

10 Le temple G Tabary

 

Temple de pierres.

Temple de chair.

Impassible.

Perfectible.

La chair s’agite.

Mer sans limite, ni mesure.

L’autre ne craint pas l’usure.

Symboles ornements.

Restent muets.

Gardent leurs secrets.

L’un et l’autre face à face.

Sur le chemin de la vérité.

Rien ne se perd.

Rien ne se détruit.

Tout se retrouve.

Réservoir d’âmes.

Venu pour une communion.

Prétexte à une joie particulière.

Forces sans cesse renouvelés.

Chair sur la planche à tracer.

Travaille pour les ouvriers de demain.

Lieux mystiques.

Chargé d’émotions.

Coule la belle musique.

Echo de l’harmonie des sphères célestes.

Musique de la chair.

L’incrustée dans la mémoire de la pierre.

Endroit des constructeurs du monde.

Vêtement de Dieu.

Sagesse divine.

Un jour Chair quitte fardeau  de son corps.

Pour connaître la splendeur céleste.

Il chuchotera avec temple de pierres.

Pierres gardera ses secrets.

Lune lumière blanche.

Chasse la nuit.

Temples sources de joie.

Eternelle conspiration reconstructive.

Lieu d’instruction à trois niveaux.

Temple de chair.

Ne cesse de travailler.

Pour se perfectionner.

Temple de pierres réjouit accueillera.

Temple de chair quand il recevra.

Salaire en chambre du milieu.

Inter texte G Tabary

Le parcours sera  long mais viendra l’heure où l’exubérance juvénile de ta pierre se calmera et tu comprendras qu’il te faudra avoir recours  aux lumières de tes frères qui te porteront dans la chaîne d’union.des constructeurs du monde. Tu y ressentiras les vibrations d’un cœur empli d’une joie profonde, et heureux de servir à ta place dans la loge.

 

11  Rudyard Kipling  La Loge Mère

 

Il y avait Rundle, chef de gare

Et Beazeley, des chemins de fer

Et Ackman, de l’intendance,

Et Donkin, de la maison d’arrêt,

Et Blake, le contrôleur en chef,

Qui fut deux fois notre Vénérable,

Avec le marchand des produits d’Europe,

Ce vieux Framjee Edulgee.

 

Hors de la Loge : Chef ! Monsieur ! Salut ! Salaam !

Au dedans : « Frère », sans que cela ne blesse personne.

Nous nous réunissions sur le Niveau et nous nous séparions sur l’Equerre,

Et moi, j’étais second diacre, là-bas, dans ma Loge Mère !

 

Nous avions Bola Nath, un comptable

Et Saul, le juif d’Aden,

Et Din Mohammed, dessinateur

Au service topographique, lui aussi ;

Il y avait Babu Chuckerbutty,

Et Amir Singh le Sikh,

Et Castro, de l’atelier d’ajustage,

Le catholique romain !

 

Nos décors n’étaient pas bien beaux,

Le local était vieux et nu,

Mais les Landmarks des Anciens,

Nous les respections à la lettre.

Ce qui me frappe si souvent,

Quand je reviens sur ce passé,

C’est que les infidèles, sauf nous peut-être,

Cela n’existe pas.

 

Car chaque mois, après les Travaux,

Nous nous asseyions pour fumer

(Nous n’osions pas faire d’agape

De peur de déroger aux castes)

Et d’homme à homme, nous parlions

De la religion et du reste,

Chacun à chacun comparant,

Le Dieu qu’il connaissait le mieux.

 

Ainsi d’homme à homme, nous parlions, nous parlions, nous parlions,

Et pas un Frère ne bougeait

Jusqu’au matin, réveil des perroquets

Et de cette fichue tempête, dans nos crânes de linottes,

« C’est très étrange », disions-nous,

Et tous, tournant bride vers notre lit,

Mohammed, Dieu et Shiva

Se relayaient dans notre tête.

 

Si souvent, en mission officielle,

J’ai roulé bosse vagabonde

Et porté le salut fraternel,

Comme l’usage le commande,

Aux loges de l’est et de l’ouest

De Kohat jusqu’à Singapour ;

Mais j’aimerai tant les revoir,

Ceux de la Loge Mère, une fois encore !

 

Comme j’aimerais les revoir,

Mes Frères bruns, mes Frères noirs,

Dans la bonne fumée des Londres,

Tandis que passe l’allume-cigare

Et que ronfle sur ses bouteilles

Le vieux maître d’hôtel, à l’office ;

Moi, en Maître Maçon, bien en règle

Dans ma Loge Mère, une fois encore.

 

Hors de la Loge : Chef ! Monsieur ! Salut ! Salaam !

Au dedans : « Frère », sans que cela ne blesse personne.

Nous nous réunissions sur le Niveau et nous nous séparions sur l’Equerre,

Et moi, j’étais second diacre, là-bas, dans ma Loge Mère !

 

12 Pessoa

         Nous sommes pour moitié ce que nous sommes et pour moitié ce que nous pensons être. Dans le torrent, une moitié parvient à la rive, l'autre se noie.

 

         C’est une règle de la vie que nous pouvons, et devons, apprendre avec tous ceux qui nous entourent. Certains des aspects les plus sérieux de la vie, nous pouvons les apprendre de charlatans et de bandits ; il est des philosophies que nous enseignent les imbéciles, il est des leçons de loyauté et de constance qui nous viennent par hasard, de rencontres de hasard. Tout est dans tout.

         En certains moments très lucides de méditation, comme ceux où, au début de l’après-midi, j’erre attentivement par les rues, chaque passant m’apporte une nouvelle, chaque maison m’annonce quelque chose, chaque affiche me laisse un message.

         Ma promenade silencieuse est une conversation ininterrompue, et nous tous, hommes, maisons, pierres, affiches et ciel, nous sommes une grande foule amicale, nous coudoyant de mots dans le vaste cortège du Destin. La vie est un voyage expérimental, accompli involontairement. C’est un voyage de l’esprit à travers la matière et, comme c’est notre esprit qui voyage, c’est en lui que nous vivons. Il existe ainsi des âmes contemplatives qui ont vécu de façon plus intense, plus vaste, plus tumultueuse que d’autres qui ont vécu à l’extérieur d’elles-mêmes. C’est le résultat qui compte. Ce qui a été ressenti, voilà ce qui a été vécu. On peut revenir aussi fatigué d’un rêve que d’un travail visible. On n’a jamais autant vécu que lorsqu’on a beaucoup pensé.

 

Intertexte g Tabary

Puis le temps passera, Après avoir langui et dépouillé du voile de l’illusion Une lumière initiatique jaillira Elle s’orientera vers le point d’horizon Revivifiée d’une nouvelle expression Intelligence et affection Rayonneront. Dans une immuable fixité, Le jour se lèvera dans ton esprit La vie sortira  du tombeau de l’oubli, Le soleil luira en toute impartialité. Inlassablement Ton temple se reconstruira dans La légende de l’ouvrier qui venait de Tyr, celui qui pardonné à ses meurtriers Le règne Intelligence  Amour’ s’établira et tu seras un humble maître mon frère.

13 Le miroir du Maitre (G Tabary)

A la porte du midi, furieux coup d’équerre, il est trahi.

A la porte de l’occident,  le blessé chancelle, tout se désunit.

Définitivement éteint, plus la moindre étincelle.

Au Neuvième jour,  région nord.

Truelles creusent, encore.

Enfoncé, en une terre fraîchement remuée.

Rameau de bon augure, empreinte  de justice et bonté,

Gage de pérennité.

Branche verte  de l’espoir surgissant du tombeau.

Légende, emblème de charité.

Image de l’âme dévouée. 

Un visage disparaît sous le tablier.

Appel  force extérieure.

Chaire quitte le corps, geste d’horreur.

L’honneur de la victime, est de ne pas être l’assassin.

Jusqu’à 77 fois tu pardonneras  à ton frère.

 Légende, emblème de charité.

Image de l’âme dévouée. 

A la porte de l’orient, présente-toi devant l’assemblée.

Travaille et tu seras récompensé.  

Marche zodiacal, Souffle nouveau.

Domaine subtil de la pensée.

Fils de la putréfaction.

Trouver la vie pour s’élever. 

Tout n’est  que vibration.

Age pénible, cherche sa voie.

Escalade le ciel.

Puits où  la vérité se cache, tombe bordée de margelle.

Hauteur de l’enthousiasme précipité dans l’abîme.

Sept ans et plus.

La folie reprend meurtri de sa chute, l’esprit s’élève

Sur les ailes du rêve.

Retomber douloureuse,  réalité brutale.

Alternances des extrêmes.

Jugement en déroute.

Agitation  prend fin, pleine angoisse.

Clarté directrice,  lumière guide des égarés.

Songe étrange, plus accablé.

Combat lumière et ombre dans un ciel nuageux.

Envahi par les blancheurs de l’aube.

Le maître quitte le tombeau.

Calme, il  avance de trois pas.

Porte la vue au ciel.

Instant de splendeur dorée.

Désormais il comprend.

L’épais rideau s’écarte à l’orient.

Discernement des apparences,

Anime le vitrail de l’occident.

Chacun communique librement.

Ponctuel,  intelligent, plein de zèle.

Chambre du milieu, caverne où se trame l’éternel.

Porte des Dieux, Portes des Hommes.

Le paradis est derrière cette porte.

Ai-je égaré la clé ?

Frappez et l’on vous ouvrira la porte.

« J »  recevoir l’instruction,  juste récompense de leur peine.

« B » appelé au premier rang,  dans un langage universel.

Frère, compagnon, image de l’humain.

Esprit, âme, corps.

Travaillant  dans les sphères  Or, Argent, airain.

Volonté de l’imagination.

Pélican oiseau blanc de charité, brûle de cet amour.

Alimente tes enfants de ton propre sang.

Puissance magique,  sceau de Salomon.

Je suis tout juste  compagnon.

14 Bernard de Clairvaux 

 

         Quelle que soit l’étendue de ton savoir, il te manquerait toujours, pour atteindre à la plénitude de la sagesse de te connaître toi-même. Une telle lacune serait-elle vraiment si importante ? Elle serait capitale, à mon avis. Connaîtrais-tu tous les secrets de l’univers ? Et les contrées les plus lointaine de la terre, et les hauteurs du firmament, et les abîmes marins si, dans le même temps, tu t’ignorais ? Tu me ferais penser à un constructeur qui voudrait bâtir sans fondations ; ce n’est pas un édifice qu’il obtiendrait mais une ruine. Quoi que tu puisses accumuler hors de toi-même cela ne résistera pas mieux qu’un tas de poussière exposé à tous les vents. Non, il ne mérite pas le nom de savant, celui qui ne l’est pas de soi. Un vrai savant devra d’abord connaître ce qu’il est, et boira le premier de l’eau de son propre puits.


15  Rudyard Kipling  LE TESTAMENT DE L'INITIÉ

 Je ne suis qu'un homme parmi les hommes,
Mais j'ai répondu sous le bandeau et j'ai gravi les trois marches.
J'ai vu l'étoile flamboyante, j'ai fait le signe.
Je suis un maillon de la Chaîne !
La Chaîne est longue.

Elle remonte jusqu'au siècle d'Hiram, et peut-être plus loin encore.
On trouve notre signe sur les pierres dans les déserts de sable sous le
ciel pur de l'Orient, dans ces plaines où s'élevaient les temples colossaux,
poèmes purs de la puissance et de la gloire.

On trouve notre signe sur les papyrus que l'âge a teinté d'ocre, sur les feuilles
où le calame a tracé les phrases les plus belles qu'un être ait pu lire.
On trouve notre signe sur les hautes cathédrales
aux sommets sublimes aérés par les vents des siècles.
On trouve notre signe jusque sur les conquêtes de l'esprit qui font
l'humanité meilleure, sur la partition de Mozart, sur la page
de Goethe, le livre de Condorcet, les notes d'Aragon.

 Et pourtant, je ne suis qu'un homme parmi les hommes, un homme sans orgueil,
heureux de servir à sa place, à son rang, je ne suis qu'un maillon de la Chaîne,
mais je me relie à l'Univers dans l'espace et dans le temps.
Je ne vis qu'un instant, mais je rejoins l'Eternel.

Ma foi ne saurait faire couler le sang, je ne hais point, je ne sais point haïr.
Je pardonne au méchant parce qu'il est aveugle, parce qu'il porte encore le bandeau,
mais je veux l'empêcher de mal faire, de détruire et de salir.

A ma place, debout et à l'ordre, j'ai travaillé de mon mieux.
Dans toutes les heures de la vie, mon cœur est demeuré fidèle.
Je me suis dépouillé des métaux, j'ai combattu jusqu'à la limite de
mes forces le fanatisme et la misère, la sottise et le mensonge.

Je ne crains rien, pas même ce sommeil que l'on appelle la mort.
J'espère supporter la souffrance avec l'aide des miens, je saurai subir
ce qui doit être subit parce que c'est la loi commune. J'aurai dégrossi
la pierre, accompli ma tâche en bon ouvrier par l'équerre et le compas.

Quand je partirai, formez la Chaîne.
Rien ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours
parmi vous car je vous laisserai le meilleur de moi-même,
ô fils de la Lumière, mes Frères.

 

16 G Tabary : Je ne suis qu’une pierre

 

Je ne suis qu'une Pierre parmi les Pierres.
Je suis arrivé en étranger et j'ai voyagé.er
L’obscur labyrinthe de la vérité, les yeux voilés.
J’étais un  Prétendant pour remuer la pierre de ma chair
Et devenir un humble bâtisseur du temple humain
J’ai  revêtu  mon tablier blanc sous la lumière de Ja-kin
J'ai vu l'étoile flamboyante, et j'ai fait le signe.
Je suis une pierre parmi les pierres!
Pierre éclairée par le soleil humain.
Dans un silence respectueux j’ai aimé les autres pierres.
Dans la recherche de la perfection avec courage et conviction
J’ai cherché la première celle de l’artiste venu de Tyr
Celle qui portait le sceau de Salomon
Celle où était incrustée le poème d’Hiram
Le poème  des hommes éclairés sous le soleil de l’orient
Pointe de mon tablier baissé, les voyages ont continués
De l’orient à l’occident j’ai cherché l’universalité
Mais Je ne suis qu’une pierre parmi les pierres.
Cimentée dans le vivat semper de mes frères
Puis est venu le temps du compas et de l’équerre.
Le temps de l’ouvrier ayant la joie d’ouvrir la fenêtre de l’occident.
A ma place, debout et à l'ordre, j'ai travaillé de mon mieux.

Dans cette étoile vespérale des constructeurs du monde
Où se trame l’éternel en chambre du milieu

Je suis entré dans la chaine aux maillons de  pierre de mes Frères
Que reste dans chaque pierre le souvenir d’une autre pierre

 

VA MON FRERE  TON POEME UN JOUR SERA INCRUSTE SUR LA PIERRE
ET UN AUTRE POSTULANT SOULEVERA TON  ECORSE

 

 

 

 

 

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