Mes sœurs, mes frères
Regardez venir cet étranger
A la porte de notre temple il a frappé
Les pieds nus, les épaules dénudées
Les yeux voilés sous la voute éclairée
Prêts à emprunter d’autres sentiers
Postulants de la cité
Impétrants d’une autre humanité
Venus explorer l’obscur labyrinthe de la vérité
C’est vers nous que ses pas l’on amené.
Sait-il que le commencement est un silence
Et qu’avec lui, il devra faire alliance
Pour descendre dans la vie de sa conscience ?
Sait-il ce qu’il devra affronter pour éviter le naufrage
De nos valeurs et de leur carnage ?
Sait-il préparé à se heurter à la mêlée d’êtres
Acharnés à bafouer l’humanité ?
Acharnés à détruire la laïcité ?
Acharnés à saccager l’égalité ?
Acharnés à mépriser la fraternité ?
Acharnés à conspuer la solidarité !
Acharnés à se gaver de biens matériels
De salaires, de compromissions et de fiel ?
Savent-ils, ces ouvriers de demain
Combien de temps il faudra
Pour que nous vivions enfin
Dans le secret des pierres éclairées par le soleil humain ?
Combien de temps nous devrons marcher sur le chemin des initiés
Avant de voir s’élever le grand temple de l’humanité ?
Répondez ! Que vos postures ne soient pas de la figuration
en cette nuit de grande initiation !
Consentons- nous encore à n’être que ce que nous sommes ?
Prétendons- nous pouvoir remuer les pierres de chair,
Et la chair des pierres ?
Nous battons nous suffisamment ?
Voyageons-nous suffisamment ?
Partageons nous suffisamment ?
Nous impliquons-nous suffisamment ?
Qui oserait crier oui ! Qui oserait affirmer
Oui j’en fais assez, Oui je donne assez !
Aujourd’hui, la seule chose que nous pouvons dire avec certitude
Oui, vient combattre avec nous l’étranger.
Entre !
Nous comptons sur ta vie
Pour nous aider à accomplir avec courage et conviction,
Cette recherche de la perfection
Samiel