Le violon de la Comtesse
Fais, au blanc frisson de mes doigts
Gémir encore, ô ma maîtresse !
Je jouais cette marche dont la caresse
Jadis extasia les rois.
Les notes sanglotaient sur ce corps violon
Volute vibrante de remembrance
J'évoque nos jours anciens,
Et l'Eden d'or de nos jouissances
Chaque coup d'archet trouait vos hanches.
Pour que ce corps vibre et pleure
Et que j'oubliais avec vous l'heure
Dans un Eden, on ne sait où...
Bercé par ce manche très rare
aux motifs rêveurs, en un rythme assourdi
scandaient vos envies dans une valse barbare
Chevalet dressait le printemps de vos seins
Souriant à mes espérances
Et de mes rêves musiciens
Aux soupirs de l'archet béni
Je vous forniquais, plein de tendresse
Les soirs où le violon jouait, comtesse,
Un thème de Verdi.
J'avais un amour infini
Quand vous jouissiez, ô ma maîtresse !
Sur une valse de Puccini
Samiel